J.P.Rameau: "Les Sauvages" et autres airs: orgue de Cintegabelle - Orgue - Yves Rechsteiner

J.P.Rameau: "Les Sauvages" et autres airs: orgue de Cintegabelle

Airs D'Operas

Orgue -

Yves Rechsteiner, orgue
Henri-Charles Caget, percussions
Résumé

Jean-Philippe Rameau, l'un des plus grands compositeurs français pour l'opéra était avant tout un organiste et un claveciniste. Une partie importante de son oeuvre pour clavecin se retrouve sous forme de danses dans ses opéras.

Comme il n'a laissé aucune oeuvre pour orgue, mais que sa musique fut régulièrement jouée par son élève Claude Balbastre dès 1730 au Concert Spirituel à Paris, il est légitime de proposer des pièces pour orgue avec les mélodies dont le tout Paris était si friand.

Ce projet comprend ainsi deux volets :
- l'édition de plus de soixante pièces, transcrites, adaptées pour un orgue classique français dans le style de l'époque. Elles sont publiées en trois fascicules aux Editions du Chant du Monde à Paris.
- l'enregistrement pour Alpha-Production d'un ensemble de pièces sur l'orgue historique Moucherel de Cintegabelle.

Presse
Res Musica:     Venons-en à l’écoute de la musique : notre éblouissement est total ! Certes d’autres organistes de notre temps avaient déjà travaillé le sujet : Jean-Paul Lécot, Thilo Muster, Michel Alabau ou Viviane Loriaut, ouvrant ainsi quelques pistes dorées, nous ont laissé quelques mémorables Cds. Mais l’approche de Yves Rechsteiner les dépasse ici par le nombre de pièces proposées (plus de 60 en une partition publiée conjointement chez Chant du Monde), et 23 sur le présent SACD. Rameau, on le sait, fut organiste, mais n’a hélas rien laissé à la postérité en matière d’orgue : les partitions sont-elles perdues ? Ou n’a-t-il pas eu le temps ou le loisir d’écrire pour son instrument en raison de ses fonctions qui l’éloignèrent de sa tribune ? Nous pouvons de même songer à Bach qui n’écrivit rien pour l’orgue durant plusieurs périodes de sa vie, car occupé à d’autres musiques. De ce fait une reconstitution de la musique de Jean-Philippe Rameau à l’orgue est totalement justifiée, et permet d’entendre sur ces magnifiques instruments baroques français une inspiration de premier plan, laissant loin derrière ses contemporains organistes : Balbastre, Daquin et autres Corrette. L’orgue liturgique est écarté, il s’agit bien ici de musique pleinement « profane », qui curieusement convient parfaitement aux couleurs de l’orgue Français. Ambiance du « Concert spirituel » décrit par Balbastre, où l’orgue était devenu un instrument à part entière, c’est-à-dire soliste « de concert ». Une nouvelle époque musicale apparaît, résolument tournée vers l’avenir. Souvenons-nous du récent disque Mozart transcrit par Vincent Genvrin sur le Clicquot de Saint-Nicolas-des-Champs à Paris, qui permet d’entendre cet orgue génial avec une musique du même ordre. A l’écoute de ces pièces transcrites de Rameau, on est frappé par cette attirance pour le grand-jeu (ensemble des jeux d’anches), avec une prédilection pour le cromorne du positif qui joue un rôle de tout premier plan et quasi permanent. Les flûtes aussi, rappelant l’orchestre baroque, permettent de retrouver l’ambiance des intermèdes opératiques.    Yves Rechsteiner aborde ce répertoire avec un panache, un savoir-faire, une telle perfection du toucher de l’orgue par l’attaque et l’accent que notre ravissement est total. Et pour donner encore plus d’impact à son discours, il s’adjoint la complicité d’un excellent percussionniste Henri-Charles Gaget, qui rythme avec éclat quelques pièces de caractères, danses et tambourins. Parfois un rossignol discret et harmonieux vient se mêler au dialogue des cœurs. Une troisième main « celle de l’amy », comme aurait dit Louis Couperin, vient prêter renfort à certaines pièces en trio, grâce à la complicité de Vincent Bernhardt. Le choix de l’orgue de Cintegabelle est idéal pour ce répertoire, contemporain de Rameau, ayant bénéficié d’une restauration exemplaire voici une vingtaine d’années, par l’atelier Boisseau-Cattiaux. La force de son grand-jeu sonne ici dans toute sa gloire, scandé par le ravalement grave de la pédale.   Déjà doté d’une imposante discographie, cet orgue s’enrichit ici de l’un de ses plus beaux enregistrements, soutenu par la prise de son exceptionnelle de Christoph Martin Frommen, en format SACD son surround. Alpha


Diapason: Si l'exécution à l'orgue de pièce de Lully, Charpentier ou Rameau avait déjà tenté plusieurs interprètes, aucun n'y avait mis une telle technique (articulations des traits sur le cornet stupéfiantes de précision, cromorne ou hatubois parlant sans jamais hésiter, phrasés souples...), une telle volonté de faire sonner l'instrument-roi à l'égal des meilleurs ensembles de musique ancienne...et simplement une telle musicalité.

Xavier Bisaro

Récompenses
Diapason d'or
Galerie

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